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Quels sont les principaux défis pour l'égalité des sexes dans le domaine du financement agricole ?

D'abord le financement agricole peut-être appréhendé sous deux angles. Il peut avoir de subvention pour accompagner les acteurs ou de crédit remboursable par les acteurs.

Puisque les situations ne sont pas les mêmes suivant le sexe, il faut mettre en place une stratégie ou mécanisme de discrimination positive à l'endroit des femmes. L'Etat peut mettre en place un fonds de garantie pour faciliter l'accès des femmes au crédit à taux bonifié quelque soit les structures de financement décentralisé. L'autre facette de la situation souhaitable est de mettre en place des fonds de subvention dédiés uniquement aux femmes entrepreneures du secteur agricole.

Nous avons aussi le développement des associations villageoises d'épargne et de crédit (AVEC) surtout au Bénin et qui sont encouragées par l'ANaF. C'est donc une porte d'entrée non négligeable où des mécanismes de renforcement de ces AVEC peuvent être envisagés. Beaucoup de miliards sont mobilisés à travers ces AVEC, c'est pourquoi nous pensons qu'il faille mettre en place une stratégie nationale d'inclusion financière dans les pays car le secteur financier est réglémenté par les lois régionales et nationales.

La BAD peut accompagner les organisations qui travaillent pour l'inclusion financière dans la promotion des AVEC par exemple.

Germain M. DOSSOU
Expert en genre et développement
Coordonnateur ANaF-BENIN
Tél: 00229 97025285
Email: domeger2002@yahoo.fr

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Parlons de l'inclusion financière au Bénin

Environ 17% de la population adulte béninoise et environ 14% des femmes ont un compte bancaire. L'accès aux services et aux produits financiers a augmenté avec la prolifération des fournisseurs de services financiers (FSP). À l'heure actuelle, la politique d'inclusion financière vise à promouvoir l'accès à la micro finance pour tous.

En 2006, la Banque centrale du Bénin, la BCEAO a introduit des directives pour déréglementer le système financier permettant aux établissements non-bancaires d'émettre de l'argent électronique et de fournir un service d'argent mobile. En mai 2015, cette règlementation a été révisée pour répondre aux besoins croissants du secteur financier. En tant que membre de l'Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI), le Bénin a signé des conventions et des déclarations, l'engageant à adopter les meilleures pratiques et à mettre en place des règlements et des politiques favorables aux pauvres afin de leur faciliter l'accès aux services et aux produits financiers.

La loi du 8 août 1997 et le décret no. N ° 98-60 du 9 février 1999 réglementent la création et l'exploitation de coopératives d'épargne et de crédit, de mutualistes et d'associations, mais ne prévoyaient pas la délivrance de monnaie électronique. La croissance rapide du marché de la micro finance a entraîné une explosion d'IMF non assermentées, générant des incidents du type de la pyramide de Ponzi. Les épargnants ont donc perdus leurs économies. Le gouvernement a adopté une loi nationale en 2012, établissant un code de conduite pour les IMF, ce qui a posé un problème en termes de respect.

“.L’Alliance pour l’Inclusion Financière (AFI) habilite les décideurs politiques à accroitre l’accès des populations les plus pauvres à des services financiers de qualité” http://www.afi-global.org/about-us

Une pyramide de Ponzi est une escroquerie financière faisant miroiter aux investisseurs des taux de rendement élevés pour un faible risque. La pyramide de Ponzi génère des revenus pour les plus anciens investisseurs grâce aux apports de capitaux des nouveaux. Cette escroquerie produit réellement les rendements promis aux anciens investisseurs, et ce, aussi longtemps qu’il y a de nouveaux investisseurs. Ces manœuvres s’effondrent souvent d’elles-mêmes lorsqu’il n’y a plus de nouveaux apports.

Le Bénin compte douze banques en fonctionnement. L’État est le prêteur dominant dans le secteur bancaire avec environ 45% des prêts du système bancaire (2014-2015). Cependant, le secteur bancaire est en grande partie hors de portée de nombreux adultes défavorisés. Certaines banques deviennent de plus en plus actives dans la fourniture de services d'argent mobile, afin d’atteindre les communautés non bancarisées, et ce grâce à des partenariats avec des Opérateurs de Réseaux Mobiles (ORM) et à la création de compte d’épargne sans solde minimum et sans frais. Orabank Benin, Bank of Africa Benin (BOA), Ecobank Benin, Banque Internationale du Bénin (BIBE), UBA Benin, Diamond Bank, Société Générale Bénin, Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC), Banque de l’Habitat du Benin (BHB), Banque Atlantique Benin (BABN), BGFI Bank Benin.  CBAO Groupe Attijariwafa Bank, CCEI Bank Benin, et la Banque Africaine pour l’Industrie et le Commerce (BAIC) sont trois nouvelles banques récement entrées dans le secteur.

Fonds Monétaire International (FMI) https://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2016/cr1607.pdf

Compte tenu de la domination du secteur bancaire par le gouvernement et les grandes entreprises, le reste de la population s'appuie sur les IMF tandis que les moins privilégiés, en particulier les femmes à faible revenu, se tournent vers les structures informelles. Le nombre d'IMF a augmenté de façon exponentielle avec plus de 700 opérateurs  en 2014, dont seulement 200 ont été officiellement assermentées. Dans le secteur de la micro finance, il existe dix grandes IMF dont ASMAB, FECECAM, Padme, Finadev et Vital Finance en sont les acteurs majeurs. Le Consortium ALAFIA joue également un rôle actif dans la promotion de l'inclusion financière des femmes en menant des enquêtes et des recherches afin de collecter des données sur les défis et les obstacles auxquels les femmes sont confrontées dans le secteur de la micro finance.

Au Bénin, le taux de pénétration des téléphones portables est de 78%, ce qui permet aux ORM et aux banques de fournir de l'argent mobile à la population non bancarisée. MTN et Moov sont les deux seules compagnies de téléphonie mobile fournissant des services financiers numériques dans le pays. Cependant, ces deux ORM n'ont pas obtenu de licence pour émettre officiellement de la monnaie électronique. Ils doivent collaborer avec les banques pour fournir ce type de service. Ainsi, MTN et Moov n'agissent qu’en qualité d’intermédiaires entre les banques et les clients pour rendre les services financiers numériques accessibles à la population.

Germain M. DOSSOU
Expert en genre et développement
Coordonnateur ANaF-BENIN
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Je vous remercie beaucoup pour les questions abordées dans ce cours.

Le finacement agricole est d'une importance capitale dans le développement du secteur pour la sécurité alimentaire et nutrinionnelle. Une attention particulière doit être portée sur l'accès des femmes au financement agricole, car c'est la couche la plus touchée et défavorisée.

Un financement est une opération permettant à un agent économique (Etat, entreprises, particuliers, etc…) de se procurer les ressources (à court, moyen ou long terme) nécessaires au financement de sa trésorerie ou de ses besoins d'investissement. Il peut prendre plusieurs formes : le financement bancaire ou la microfinance.

La Microfinance est définie comme l’offre de services financiers aux clients exclus du  système bancaire classique ou ne présentant pas suffisamment de garantie pour accéder aux services bancaires. Un diagnostic rapide révèle les éléments suivants:

- Femmes propriétaires de 48% des entreprises en Afrique;

- Selon la BAD, les femmes ne représentent que 20% de la population ayant accès à un compte bancaire;

- Difficultés d’accès des femmes au financement sont variées:

·         Manque de garanties,

·         Barrières juridiques et culturelles limitant l’accès à la propriété foncière et immobilière,

·         Réglementations discriminatoires,

·         Rareté de l’emploi dans le secteur formel,

·         Manque de produits financiers adaptés à leurs besoins et le fait que les banques ne comprennent pas véritablement les entreprises dirigées par des femmes ou encore les niches de marché qu’elles occupent,

·         Disparités de plus en plus marquées dans l''accès au financement expliquent la popularité croissante de la microfinance auprès des femmes

·         Les hommes sont plus nombreux que les femmes dans l’accès aux financements (Sossou, 2015). Ces dernières ne représentent que 8% des demandes acceptées contre 92 % d’hommes. Les conditions d'accès au crédit selon Sossou (2015) sont:

Face à ce tableau, des actions urgentes sont à développer. J'y reviens par la suite pour des propositions.

Germain M. DOSSOU
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Réduire la disparité entre les sexes dans la productivité agricole: Encore du chemin à parcourir

La contribution des femmes dans le secteur agricole et surtout dans la sécurité alimentaire n'est plus à démontrer. Nous sommes d'avis qu'i y a beaucoup d'avancées dans la prise en compte du genre dans le développement. Force est de constater que beaucoup de situations inégalitaires entretenues continuent de peser sur les femmes. Il est important pour ma part que les femmes aient le contrôle des ressources productives. Si cette question ne trouve pas de solutions durables, quelque soit les efforts à consentir pour accompagner les femmes agricultrices, ceci risque de ne pas porter ses fruits.

Je prends l'exemple du foncier: Aujourd'hui, pour ce qui concerne mon pays le Bénin, le problème d'accès au foncier ne se pose pas vraiment. Il faudrait qu'on trouve des stratégies qui guarantissent la sécurité à la femme agricultrice lorsqu'elle se trouve par exemple en situation de mode de faire valoir indirect. Par exemple, pour améliorer la productivité agricole, il importe d'avoir de semence de qualité et d'avoir aussi de terres fertiles, les autres facteurs ne sont pas pour autant à négliger. Les terres en Afrique en général sont de plus en plus dégradées. Il existe aujourd'hui beaucoup de technologies appropriées pour améliorer le niveau de fertilité des sols. Les femmes qui reçoivent des terres pauvres ne constituent pas de problèmes en réalité. La question fondamentale qui se pose est de chercher à sécuriser cette terre pauvre afin que la femme qui travaille pour relever le niveau de fertilité puisse en jouir. Si tel n'est pas le cas, la femme va beau investir pour rendre la terre fertile et le propriétaire se lèvera un beau matin pour la chasser au moment où elle devrait jouir des retombées de cet investissement. Par rapport à cette situation regrettable, il importe de signer des clauses entre celui/celle qui emprunte la terre à la femme même si c'est son propre mari.

Germain M. DOSSOU
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Je voudrais partager notre expérience avec vous concernant la pratique des technologies de gestion durable des terres (GDT). Nous accompagnons les femmes à améliorer la qualité des terres agricoles qu'elles exploitent en les formant aux différentes bonnes pratiques GDT. Pour les femmes qui sont en mode de faire valoir indirect, nous demandons qu'il ait toujours un contrat d'usage qui précise la durée d'exploitation des terres. Ceci permettra à la femme de rentabiliser son investissement.

Germain M. DOSSOU
Expert en genre et développement
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